Tout commence dans les années 70 tandis que Dior vit sous les bons auspices de Marc Bohan, successeur d'Yves Saint Laurent depuis 1961.
Les quatre lettres qui composent le nom de la célèbre maison de couture sont partout, des trottoirs de Paris aux aéroports chéris de la jet-set. Pourquoi ? Parce que Dior vient de lancer sa toile Logo. Les lettres en escalier sont tissées dans un jacquard entièrement français en pur coton traité Scotchguard.
D'abord marron rehaussée de cuir naturel puis bleu marine et bordeaux, la toile est utilisée pour la création d'accessoires, de vêtements, pour hommes comme pour femmes. La ligne de maroquinerie &laqno; Logo » devient très vite un best-seller et les top-models de l'époque ne jurent que par ces bagages-là pour prendre l'avion.
Parmi les pièces qui font aujourd'hui la fierté des collectionneurs avertis, on trouve le sac polochon, pour la ville ou le voyage, ou encore le &laqno; sac poche &laqno; , équipé comme son nom l'indique d'une ou deux poches soulignées d'une patte en cuir sur le devant. Au fil des saisons, la toile gagne du terrain. Du tricot Miss Dior au parapluie en passant par le petit portefeuille, elle est partout.
On en couvre les escaliers et le sol d'une boutique maison, elle fait sa star dans le roman photo d'un Vogue homme de l'automne 1974, qui met en scène l'archétype du couple chic partant en week-end. L'hiver précédent, en février 1973, le célèbre grand magasin new-yorkais Saks Fith Avenue, consacrait l'une de ses vitrines aux multiples déclinaisons de la gamme logo.
La toile Logo Dior est quasiment devenue une icône populaire. Passent les années 70, puis les années 80. En 1989, GianFranco Ferre prend les commandes de Dior et préfère le motif cannage évoquant les chaises de la couture à la toile qui peu à peu tombe dans l'oubli. Pas le logo de la maison.
Quand en 1996 le turbulent anglais John Galliano reprend les rennes de la couture, les quatre lettres connaissent une nouvelle jeunesse. L'homme aux mille idées à la minute les mêle à son kaléidoscope créatif, il les torture et les réinvente au gré de ses inspirations &laqno; street wear » ou multi-ethnique. Il n'est pas rare de croiser une jeune femme arborant en lettres rouges &laqno; Dior j'adore » sur son jogging turquoise en toile de parachute.
Sur le podium, les mannequins, en fausse Miss Monde, arborent fièrement des écharpes &laqno; Miss Dior ». Mais ce sont les initiales CD qui dominent le débat, des boucles de sac aux bijoux fantaisie en passant par les yeux d'un smiley orange imprimé sur un T-shirt, les codes bougent perpétuellement. A travers le monde, CD n'est plus seulement synonyme de Compact Disc.
Pourtant, en 2002, la toile Logo 70 renaît dans ses trois couleurs d'origine, tandis que le vintage est devenu le chic ultime. D'anciens modèles sont réédités, pile dans l'esprit rétro, comme le polochon et les accros nostalgiques peuvent désormais aligner les deux versions : la nouvelle et l'ancienne. La toile se tisse plus vite que celle de Spider-Man et recouvre les modèles inédits les plus variés : étui à cigarettes, de Carte bleue, grand sac reporter gansé de cuir vernis blanc marqué d'un 2 comme un maillot de basketteur. Les préoccupations des clientes ont changé, les utilisations de la fameuse toile aussi.
En version sportswear, du polo de sport à la botte en passant par la basket, la &laqno; success-story » semble se répéter pour le plus grand plaisir des fans de mode dont certaines n'étaient pas nées pour le premier service. Comme la maison s'est agrandie et diversifiée depuis les années Pompidou, la toile peut s'attaquer à d'autres domaines, comme les bracelets de montre. On retrouve même le logo en motif sur les bijoux fantaisie ou les sous vêtements d'une mode à suivre à la lettre... forcément !
voir aussi :